FOCUS SUR LE PRIX D’AMERIQUE: ANTONIO SOMMA, LE LEADER

21 janvier 2025

Propriétaire depuis vingt-cinq ans de l’Ecurie Bivans, l’écurie de course la plus titrée au monde, Antonio Somma a réalisé le rêve que tout propriétaire aimerait vivre : gagner le Prix d’Amérique. Et il a atteint l’objectif deux années de suite, en 2020 et 2021, avec Face Time Bourbon.

De Castellammare di Stabia, il est arrivé sur le toit du monde hippique : quel souvenir gardez-vous de ces deux journées mémorables ?

Je suis les courses de chevaux depuis 30 ans. J’ai gagné la Lotteria et, pour un natif de Campanie, c’est la plus grande des aspirations.
Mais le prix d’Amérique est comparable à la victoire de l’entraîneur de l’équipe nationale au championnat du monde. 

Ce sont deux jours qui ont suscité en moi des sentiments et des émotions différents. À Paris, j’ai peut-être ressenti quelque chose de plus.

Pouvez-vous décrire ces minutes du début à la fin ?
En 2020, Face Time Bourbon n’était pas le favori. Il avait déjà cinq ans. Le départ volté est un moment où tout peut arriver et les trois minutes et demie qui suivent, on vit en apnée. 

Il a fait une course incroyable, transperçant son adversaire de l’intérieur. J’étais ému, bien que je sois de nature froide et que je ne montre guère mes émotions quand mes chevaux courent. 

J’ai sauté avec une joie irrépressible, serrant dans mes bras mon ami Alfonso, celui qui m’a fait découvrir le monde des chevaux.
Il devait y avoir soixante mille spectateurs pour la 100e édition. C’est passionnant.

Les choses ont-elles été différentes en 2021 ?
Tout d’abord, nous étions les champions en titre, ceux qu’il fallait battre, et les inquiétudes étaient plus grandes.
Mais le plus incroyable, c’est le décor qui nous entourait, diamétralement opposé à celui de l’année précédente.
Nous étions dix dans les tribunes, nous étions en plein covid. 
Je pouvais être là parce que dans cette édition, en tant que propriétaire, j’avais trois chevaux et les Français sont pointilleux sur les règles. Un silence inquiétant rompu uniquement par ma jubilation. Une fois l’événement terminé, comme j’avais passé la nuit en Normandie, j’ai grimpé dans le van avec le chauffeur et les autres membres de l’équipe, et j’ai pu tranquillement répondre au téléphone aux félicitations que je recevais.

Et l’Amerique de Vivid Wise ?
Vivid a couru l’Amerique 4-5 fois et sa meilleure performance a été dquand Face Time Bourbon a gagné. 

Le regret a été la quatrième place.

Y a-t-il un cheval dans votre écurie qui vous fait à nouveau rêver ?
Je pense que Frank Giò courra l’Amérique l’année prochaine.

Quel est votre pronostic pour cette année ?
Idao de Tillard, Go on Boy, Hooker Berry. Sur les 2 700 mètres, c’est généralement le cheval le plus fort qui gagne. 

Personne ne vous cède un pouce, vous devez éviter les partiels inutiles et inutilisés. Les surprises sont plus nombreuses sur les 1 600 mètres.

Comment sont les Français avec vous ?
Ils me connaissent tous, je les côtoie depuis 30 ans. Des propriétaires aux entraîneurs en passant par les drivers, j’ai des relations avec tout le monde. 

Même s’ils sont chauvins, ils me respectent.

Quelles sont vos relations avec la presse ?
En Italie, je suis disponible pour presque tout le monde, mais en France, je ne parle plus à Paris Turf parce qu’ils ont écrit des choses fausses.

Que pensez-vous des courses hippiques italiennes ?
Ce n’est pas un moment facile, c’est bien connu, mais j’apprécie l’engagement de la direction générale.
Il a des idées claires et on peut entrevoir quelque chose de bon, mais il doit faire face à trop de bureaucratie qui ralentit les délais de mise en œuvre. Mais je continuerai à investir dans les chevaux parce que la passion est plus forte que l’incertitude.

Allez-vous à Paris ?
Bien sûr, comme chaque année.

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